La France à table, Namur et Hainaut, bimestriel, no 90, avril 1961

Gaston Sainsot. Directeur.

Bureaux et rédaction 11, rue Quentin-Bauchart, PAris (8ème)

"... A Wasmes, la procession qui se déroule le mardi évoque de son côté la légende de
la victoire remportée par Gilles de Chin sur le sinistre Dragon qui, chaque année, réclamait
sa ration de pucelles. Au sein du cortège, une fillette de 5 ans vêtue de blanc et bleu,
la fameuse "Pucelette", rappelle d'une manière touchante cette épisode.
Le dimanche suivant, qui est celui de la Trinité, met tous les Montois dans la rue. Car la
capitale du Hainaut est fière de sa procession du Car d'Or et de son Lumeçon.
La première, instituée à la suite de la peste de 1348, fait déambuler dans les vieilles rues
de la cité, devant le char doré qui porte la châsse de Ste-Waudru, les chanoinesses aux
riches costumes, les pages, les métiers, les étendrards du Hainaut ... Dès que la procession
a ramené en la collégiale les étincelants joyaux de ses madones et des reliquaires d'or,
la population déferle de partout vers la Grand'Place, coeur ardent de la cité, tandis
qu'un bruyant corps de musique s'avance en jouant l'air du Doudou, l'hymne montois
ponctué par le carillon du château et les salves que tirent les pompiers en grand uniforme...
C'est l'doudou, c'est l'mama,
C'est l'poupée Saint-Georges qui danse
C'est l'doudou, c'est l'mama,
C'est l'poupée Saint-Georges qui va.
L'enceinte, ensablée est vite entourée d'une foule avide d'approcher au plus près de la lice
où se déroulera la lutte héroïco-burlesque entre St-Georges et le Dragon. Ils sont tous là :
les "Montoias Cayaux", les vrais, les purs, ceux qui ont vu le Lumeçon "co pu d'cent caups"
et les chambourlettes, ces heureux invités de la ducasse débarqués aux premiers trains.
A midi et demi paraît le dragon, énorme monstre d'osier à carapace verte. Il s'agite et se
balance dans l'arène non sans provoquer des remous dans la foule, ses violents coups
de queue ramounant tout sur son passage. Puis St-Georges, à cheval, fier comme un preux,
accompagné d"hommes sauvages" armés de massues, de diables munis de vessie et de
chinchins montés sur des chevaux-godins. Une lutte épique s'engage tandis que la foule
s'esclaffe, trépigne, encourage. Comme il sied que le combat finisse à l'avantage de
St Georges, le monstre est abattu de deux coups de pistolet, aux applaudissements des
spectateurs... tandis que le carillon triomphant égrène les notes du Doudou".

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